Le néo-taylorisme digital : un nouveau défi pour les DRH (*)
Une face cachée de la révolution digitale : le risque d’une nouvelle forme de taylorisme
Au cours de ces dernières années, les discours sur la révolution digitale ont été largement dominés par la présentation des conséquences positives de l’introduction des nouvelles technologies, favorisant notamment l’autonomie et la coopération dans les entreprises, comme les réseaux sociaux d’entreprise ou les outils « intelligents » élargissant considérablement les capacités d’action des personnes, managers et collaborateurs, dans l’accomplissement de leurs missions[1]. Mais cette vision optimiste doit être nuancée par une autre conception qui montre que les technologies ne sont jamais neutres et qu’elles doivent se comprendre dans un environnement social, ici l’entreprise, où elles sont mises en œuvre comme le défendaient, il y a déjà plusieurs décennies, les théoriciens de l’école Socio-Technique[2].
Or, c’est précisément dans cette dernière perspective qu’il est proposé d’analyser ici l’une des faces cachées de la révolution digitale à savoir le risque de développement d’une nouvelle forme de taylorisme ou « néo-taylorisme digital » comme le soulignait avec force en 2015 un article du magazine « The Economist »[3] : les technologies digitales sont en effet susceptibles d’étendre la division du travail, chère au modèle Taylorien, à un nombre beaucoup plus important d’emplois dans des secteurs aussi différents que, par exemple, la construction, les services financiers ou le commerce en ligne.